Chou blanc

ou presque…

Les photos des aigrettes ont une mise au point très douteuse dommage.

3 thoughts on “Chou blanc

  1. Chanson des oiseaux
    ( Victor Hugo)

    Vie ! ô bonheur ! bois profonds,
    Nous vivons.
    L’essor sans fin nous réclame ;
    Planons sur l’air et les eaux !
    Les oiseaux
    Sont de la poussière d’âme.

    Accourez, planez ! volons
    Aux vallons,
    A l’antre, à l’ombre, à l’asile !
    Perdons-nous dans cette mer
    De l’éther
    Où la nuée est une île !

    Du fond des rocs et des joncs,
    Des donjons,
    Des monts que le jour embrase,
    Volons, et, frémissants, fous,
    Plongeons-nous
    Dans l’inexprimable extase !

    Oiseaux, volez aux clochers,
    Aux rochers,
    Au précipice, à la cime,
    Aux glaciers, aux lacs, aux prés ;
    Savourez
    La liberté de l’abîme!

    Vie ! azur ! rayons ! frissons !
    Traversons
    La vaste gaîté sereine,
    Pendant que sur les vivants,
    Dans les vents,
    L’ombre des nuages traîne !

    Avril ouvre à deux battants
    Le printemps ;
    L’été le suit, et déploie
    Sur la terre un beau tapis
    Fait d’épis,
    D’herbe, de fleurs, et de joie.

    Buvons, mangeons ; becquetons
    Les festons
    De la ronce et de la vigne ;
    Le banquet dans la forêt
    Est tout prêt ;
    Chaque branche nous fait signe.

    Les pivoines sont en feu ;
    Le ciel bleu
    Allume cent fleurs écloses ;
    Le printemps est pour nos yeux
    Tout joyeux
    Une fournaise de roses.

    Tu nous dores aussi tous,
    Feu si doux
    Qui du haut des cieux ruisselles ;
    Les aigles sont dans les airs
    Des éclairs,
    Les moineaux des étincelles.

    Nous rentrons dans les rayons ;
    Nous fuyons
    Dans la clarté notre mère ;
    L’oiseau sort de la forêt
    Et paraît
    S’évanouir en lumière.

    Parfois on rampe accablé
    Dans le blé ;
    Mais juillet a pour ressource
    L’ombre, où, loin des chauds sillons,
    Nous mouillons
    Nos pieds roses dans la source.

    Depuis qu’ils sont sous les cieux,
    Soucieux
    Du bonheur de la prairie,
    L’herbe et l’arbre chevelu
    Ont voulu
    Dans leur tendre rêverie

    Qu’à jamais le fruit, le grain,
    L’air serein,
    L’amourette, la nichée,
    L’aube, la chanson, l’appât,
    Occupât
    Notre joie effarouchée.

    Vivons ! chantons ! Tout est pur
    Dans l’azur ;
    Tout est beau dans la lumière !
    Tout vers son but, jour et nuit,
    Est conduit ;
    Sans se tromper, le fleuve erre.

    Toute la campagne rit ;
    Un esprit
    Palpite sous chaque feuille.
    – Aimons ! murmure une voix
    Dans les bois ;
    Et la fleur veut qu’on la cueille.

    Quand l’iris a diapré
    Tout le pré,
    Quand le jour plus tiède augmente,
    Quand le soir luit dans l’étang
    Éclatant,
    Quand la verdure est charmante,

    Que dit l’essaim ébloui ?
    Oui ! oui ! oui !
    Les collines, les fontaines,
    Les bourgeons verts, les fruits mûrs,
    Les azurs
    Pleins de visions lointaines,

    Le champ, le lac, le marais,
    L’antre frais,
    Composent, sans pleurs ni peine,
    Et font monter vers le ciel
    Éternel
    L’affirmation sereine !

    L’aube et l’éblouissement
    Vont semant
    Partout des perles de flamme ;
    L’oiseau n’est pas orphelin ;
    Tout est plein
    De la mystérieuse âme !

    Quelqu’un que l’on ne voit pas
    Est là-bas
    Dans la maison qu’on ignore ;
    Et cet inconnu bénit
    Notre nid,
    Et sa fenêtre est l’aurore.

    Et c’est à cause de lui
    Que l’appui
    Jamais ne manque à nos ailes,
    Et que les colombes vont
    Sur le mont
    Boire où boivent les gazelles.

    Grâce à ce doux inconnu,
    Adam nu
    Nous souriait sous les branches ;
    Le cygne sous le bouleau
    A de l’eau
    Pour laver ses plumes blanches.

    Grâce à lui, le piquebois
    Vit sans lois,
    Chéri des pins vénérables,
    Et délivrant des fourmis
    Ses amis
    Les cèdres et les érables.

    Grâce à lui, le passereau
    Du sureau
    S’envole, et monte au grand orme ;
    C’est lui qui fait le buisson
    De façon
    Qu’on y chante et qu’on y dorme.

    Il nous met tous à l’abri,
    Colibri,
    Chardonneret, hochequeue,
    Tout l’essaim que l’air ravit
    Et qui vit
    Dans la grande lueur bleue.

    A cause de lui, les airs
    Et les mers,
    Les bois d’aulnes et d’yeuses,
    La sauge en fleur, le matin,
    Et le thym,
    Sont des fêtes radieuses ;

    Les blés sont dorés, les cieux
    Spacieux,
    L’eau joyeuse et l’herbe douce ;
    Mais il se fâche souvent
    Quand le vent
    Nous vole nos brins de mousse.

    Il dit au vent : – Paix, autan !
    Et va-t’en !
    Laisse mes oiseaux tranquilles.
    Arrache, si tu le veux,
    Leurs cheveux
    De fumée aux sombres villes !

    Celui sous qui nous planons
    Sait nos noms.
    Nous chantons. Que nous importe ?
    Notre humble essor ignorant
    Est si grand !
    Notre faiblesse est si forte !

    La tempête au vol tonnant,
    Déchaînant
    Les trombes, les bruits, les grêles,
    Fouettant, malgré leurs sanglots,
    Les grands flots,
    S’émousse à nos plumes frêles.

    Il veut les petits contents,
    Le beau temps,
    Et l’innocence sauvée ;
    Il abaisse, calme et doux,
    Comme nous,
    Ses ailes sur sa couvée.

    Grâce à lui, sous le hallier
    Familier
    A notre aile coutumière,
    Sur les mousses de velours,
    Nos amours
    Coulent dans de la lumière.

    Il est bon ; et sa bonté
    C’est l’été ;
    C’est le charmant sorbier rouge ;
    C’est que rien ne vienne à nous
    Dans nos trous
    Sans que le feuillage bouge.

    Sa bonté, c’est Tout ; c’est l’air,
    Le feu clair,
    Le bois où, dans la nuit brune,
    Ta chanson, qui prend son vol,
    Rossignol,
    Semble un rêve de la lune.

    C’est ce qu’au gré des saisons
    Nous faisons ;
    C’est le rocher que l’eau creuse ;
    C’est l’oiseau, des vents bercé,
    Composé
    D’une inquiétude heureuse.

    Il est puissant, étoilé,
    Et voilé.
    Le soir, avec les murmures
    Des troupeaux qu’on reconduit,
    Et le bruit
    Des abeilles sous les mûres,

    Avec l’ombre sur les toits,
    Sur les bois,
    Sur les montagnes prochaines,
    C’est sa grandeur qui descend,
    Et qu’on sent
    Dans le tremblement des chênes.

    Il n’eut qu’à vouloir un jour,
    Et l’amour
    Devint l’harmonie immense ;
    Tous les êtres étaient là ;
    Il mêla
    Sa sagesse à leur démence.

    Il voulut que tout fût un ;
    Le parfum
    Eut pour soeur l’aurore pure ;
    Et les choses, se touchant
    Dans un chant,
    Furent la sainte nature.

    Il mit sur les flots profonds
    Les typhons ;
    Il mit la fleur sur la tige ;
    Il apparut fulgurant
    Dans le grand ;
    Le petit fut son prodige.

    Avec la même beauté
    Sa clarté
    Créa l’aimable et l’énorme ;
    Il fit sortir l’alcyon
    Du rayon
    Qui baise la mer difforme.

    L’effrayant devint charmant ;
    L’élément,
    Monstre, colosse, fantôme,
    Par Lui, qui le veut ainsi,
    Radouci,
    Vint s’accoupler à l’atome.

    On vit alors dans Ophir
    L’humble asfir
    Vert comme l’hydre farouche ;
    Le flamboiement de l’Etna
    Rayonna
    Sur l’aile de l’oiseau-mouche.

    Vie est le mot souverain,
    Et serein,
    Sans fin, sans forme, sans nombre,
    Tendre, inépuisable, ardent,
    Débordant
    De toute la terre sombre.

    L’aube se marie au soir ;
    Le bec noir
    Au bec flamboyant se mêle ;
    L’éclair, mâle affreux, poursuit
    Dans la nuit
    La mer, sa rauque femelle.

    Volons, volons, et volons !
    Les sillons
    Sont rayés, et l’onde est verte.
    La vie est là sous nos yeux,
    Dans les cieux,
    Claire et toute grande ouverte.

    Hirondelle, fais ton nid.
    Le granit
    T’offre son ombre et ses lierres ;
    Aux palais pour tes amours
    Prends des tours,
    Et de la paille aux chaumières.

    Le nid que l’oiseau bâtit
    Si petit
    Est une chose profonde ;
    L’oeuf ôté de la forêt
    Manquerait
    A l’équilibre du monde

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